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Les démocraties européennes à l’épreuve de la dictature (1919-1939) : critique et réflexion démocratiques dans les espaces publics européens

Appel à communications

Ce colloque international est organisé par l’EA 1341 Mondes germaniques et nord-européens de l’Université de Strasbourg dans le cadre d’un projet de formation-recherche (PFR) du Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’Allemagne (CIERA) sur le thème : « Quelle démocratie ? La réflexion sur la crise, la modernisation et les limites de la démocratie en Allemagne, France, Angleterre et en Europe centrale entre 1919 et 1939 ». Ce projet est issu de la coopération entre les Universités de Reims Champagne-Ardenne (CIRLEP), de Strasbourg (EA 1341), de Lorraine (CEGIL) et d’Augsbourg (Allemagne), et l’Institut historique allemand (IHA/DHI) de Paris. Il est financé à la fois par le CIERA et par les groupes de recherche des différentes universités et instituts participant au PFR.

L’appel à communications porte sur les thématiques et problématiques suivantes :

Au début des années 1920, à la suite de la Première Guerre mondiale, l’idée démocratique semble avoir remporté la victoire contre la pensée conservatrice à laquelle elle s’opposait depuis plus d’un siècle dans de nombreux États européens. Au voisinage de la monarchie parlementaire britannique, la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne, la Tchécoslovaquie sont après 1918 des républiques fondées sur les principes de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et organisent la démocratie autour d’un parlement permettant aux divers courants de pensée politique de s’exprimer et de participer à la vie politique. Mais les conditions d’élaboration de ces appareils démocratiques sont loin d’être homogènes et reposent sur des expériences et des projets extrêmement divers. Tandis que la France victorieuse a une pratique déjà longue de la république et que l’Allemagne vaincue n’a encore jamais expérimenté cette forme d’organisation politique, les toutes nouvelles républiques polonaise et tchécoslovaque doivent d’abord se constituer en tant qu’États et se construire en nations.

Les années de l’après-guerre sont partout difficiles ; les problèmes économiques et sociaux, les difficultés institutionnelles, la forte instabilité gouvernementale et la complexité des relations internationales provoquent dans chacune des républiques des remises en question fondamentales de l’ordre démocratique élaboré au début des années 1920, souvent jugé responsable des difficultés auxquelles les populations sont confrontées.

La question que nous posons est celle de savoir comment les diverses démocraties parlementaires européennes ont résisté aux attaques virulentes venant de droite comme de gauche ; quelles solutions politiques, institutionnelles ou même économiques ont-elles recherchées aux nombreuses crises qui les secouaient et qui, aux yeux de maints observateurs contemporains, trouvaient leur origine dans le modèle même de la démocratie parlementaire? Dans quelle mesure, afin de sauver la démocratie, la pensée démocratique n’a-t-elle pas parfois paradoxalement eu recours à des éléments du discours et à des pratiques propres aux régimes autoritaires ?

Si la pensée démocratique trouve ses applications dans des cadres nationaux bien précis, elle relève également d’une histoire et d’une tradition transnationales qui s’étaient manifestées notamment en 1848, où chaque acteur politique avait observé avec attention ce qui se passait dans l’espace européen ; si, en 1936, la France se donne un Front populaire, c’est bien parce que, entre autres raisons, elle assiste chez ses plus proches voisins, l’Italie et l’Allemagne, à la mise en place de systèmes dictatoriaux. La question se pose donc également de savoir de quelle façon l’actualité politique des autres pays européens a pu marquer, influencer et transformer la pensée démocratique dans chacun des États concernés. Il serait particulièrement intéressant d’étudier les réseaux internationaux de réflexion, de discussion et d’organisation politique et intellectuelle de la résistance aux dictatures qui se profilent à l’horizon européen.

Nous proposons d’aborder ces questions d’une façon transdisciplinaire à partir de la notion d’espace public défini comme arène discursive, c’est-à-dire comme espace national et vraisemblablement transnational de discussion, de circulation et de confrontation des idées. C’est donc essentiellement à partir des médias d’information (surtout la presse, mais également la radio ou le cinéma qui, dans les années 1920 et 1930, participent de plus en plus activement de la formation de l’opinion), des discours scientifiques, de la littérature (on pense aux prises de position d’André Malraux en France, de Heinrich et Thomas Mann ou Kurt Tucholsky en Allemagne, de Karel Čapek en Tchécoslovaquie) et des arts que nous voudrions apporter des éléments de réponse à toutes ces questions. Nous nous interrogerons sur la qualité des discours animant et structurant en faveur de la démocratie les espaces publics nationaux et/ou transnationaux et nous étudierons le rôle des médias et mass-médias dans la constitution de ces derniers.
Dans un premier temps introductif, nous proposerons de revenir sur les conditions de création ou de consolidation des diverses républiques européennes puis de présenter les grandes lignes de débats et interrogations autour du principe démocratique dans sa relation à la pensée autoritaire (notion de Führerdemokratie ; notions de « peuple » ou de « masse » ; nature, fonction et limites du parlementarisme etc.)

Dans un second temps, nous proposerons d’aborder la problématique par le biais de divers corpus vecteurs de discours relevant d’une pensée démocratique et constitutifs des espaces publics nationaux et/ou transnationaux :
— La presse et la radio, les discours des sciences humaines et sociales
— Les arts plastiques, la musique et la littérature
— Le cinéma et le théâtre.

Modalités

Nous nous adressons autant aux chercheurs expérimentés qu’aux jeunes chercheurs et aux doctorants et vous prions d’envoyer vos propositions de communications (une page), de préférence en français et en allemand, mais éventuellement en anglais, avant le 31 janvier 2019 à Pascal Fagot (pfagot@unistra.fr) et Christian Jacques (cjacques@unistra.fr).

Date limite d’envoi des propositions : 31 janvier 2019
Durée des communications : 20 mn + 10 minutes de discussion

Public

Doctorants, Postdoctorants, Chercheurs

Lieu

Université de Strasbourg

Date

17/06/2019 to 19/06/2019

Délai

31/01/2019

Établissements membres du CIERA

Avec le soutien de

Centre interdisciplinaire d'études et de recherches sur l'Allemagne (CIERA) - Maison de la Recherche - 28 rue Serpente - 75006 Paris - Téléphone : 01 53 10 57 36
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