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L’auteur(e) et ses doubles. Stratégies de mises en scène de la figure auctoriale dans l'espace franco-germanophone

Antoine Compagnon nous rappelle que l’auctor désigne « celui qui se porte garant de l’œuvre » et, du fait de sa dérivation de auctoritas, aussi « celui qui par son œuvre détient l’autorité ». On se gardera cependant de confondre l’écrivain, celui qui compose une œuvre, avec l’auteur qui, lui, est une construction historique et sociale dont la conception change selon les codes dominants d’une époque. Le concept de l’auteur(e) ne renvoie pas à un individu réel mais à une figure auctoriale qui n’existe qu’au travers et qu’au sein de la création littéraire/artistique. Comment une fiction auctoriale peut-elle se porter garant de l’œuvre, voire lui conférer une certaine cohésion, construite dans la durée ? Depuis les débats sur la propriété intellectuelle et sur les droits d’auteur dans un monde où l’accès au savoir, aux textes et réalisations audio-visuelles est presque universel, où les frontières s’estompent sur le plan virtuel de la toile, l’autorité auctoriale est plus que jamais en discussion. La prétendue « mort de l’auteur », annoncée par Roland Barthes, est remise en question (Bouju, L’autorité en littérature, 2010) et le concept de l’auteur(e) se modifie sensiblement. Assisterait-on là à un retour en force de l’auteur (Jannidis, Rückkehr des Autors, 1999) ? Il nous semble opportun de questionner l’autorité de l’auteur(e) par le truchement de ses autofictions dans le processus de création (voire moyennant ses mises en scène dans le monde réel) et dans le processus de réception (nous pensons ici au lecteur, au spectateur et au visiteur d’un site ou d’un musée). A quelles stratégies l’artiste a-t-il recours pour mettre en relief ses doubles ? Par ailleurs, nous tâcherons de définir les positionnements possibles de la figure auctoriale dans le champ littéraire et l’espace public. Au-delà de l’image personnelle que chaque récepteur peut se forger de l’auteur(e) d’une œuvre, il conviendrait de dévoiler le « masque d’autorité » de l’auteur(e) ou sa « posture » comme le dirait Jérôme Meizoz. Partant, la question de la réception s’impose : comment le lecteur-spectateur considère-t-il dans sa quête de sens la figure de l’auteur(e), issue d’une construction collective et individuelle ? L’objectif de ce colloque est la mise en réseau de jeunes chercheurs qui, dans le cadre de leurs recherches actuelles, se confrontent à la question vaste et épineuse de l’auctorialité dont il n’existe pas encore de définition qui fasse « autorité ». La perspective du colloque sera double : d’une part synchronique (pour comparer divers phénomènes d’auctorialité), d’autre part diachronique (afin de saisir l’évolution de la figure de l’auteur(e) au fil des siècles).
Ce colloque junior est conçu comme un prélude au colloque "Faites ce que vous voulez ! - Faire, défaire, contrefaire l’autorité. Regards croisés sur Elfriede Jelinek" (http://jelinek2014.sciencesconf.org/) (25-29 mars 2014)

Lieu

Maison de la Recherche
Salle 40
28 Rue Serpente
75006 Paris

Contact

Aline Vennemann (Université de Haute-Bretagne-Rennes II / Freie Universität Berlin)
(aline.vennemann@gmail.com) Delphine Klein (Université Lumière-Lyon II / ENS Lyon)
(delphine.klein.rouquier@gmail.com)

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Centre interdisciplinaire d'études et de recherches sur l'Allemagne (CIERA) - Maison de la Recherche - 28 rue Serpente - 75006 Paris - Téléphone : 01 53 10 57 36
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