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Logistical workers

Studying labour inside logistical worlds



Programme

9H00-9H10 Welcome

9H15-9H30 Introduction

  • Carlotta Benvegnù and David Gaborieau, Logistics as an approach to analyze labour transformations inside global supply chains

9H30-13H00 Labour in warehouses

Discussant : Cécile Cuny, Université Paris Est

  • Cédric Lomba, CNRS : Drug supply chains: pharmaceutical managers and warehouse workers in a highly standardized organization
  • Bettina Haidinger, University of Vienna: The role of liberalisation of postal and transport services for fragmented and precarious employment in parcel delivery in the EU
  • Lucas Tranchant, University of Paris-Ouest: From one warehouse to another. Temp work at the core of a local logistics labour market
  • Carlotta Benvegnù, University of Paris 8: Comparing labour process in parcel delivery: Padua and Paris
  • Haude Rivoal, University of Paris 8: Masculinities in the workplace : a gendered analysis of a supply chain company

14H00-17H30 Labour transformations in logistical capitalism

 Discussant : David Gaborieau, University of Paris-Est

  • Pavlos Hatzopoulos, University of Athens : Piraeus Port as a Machinic Assemblage: Labour, Precarity and Struggles
  • Moritz Altenried, University of London: Labour, Technology, Space: Logistics in Contemporary Capitalism
  • Jack Wilson, California State University: The Logistics Revolution and the Impact on Labor
  • Phillip Staab, University of Hamburg: Raising productivity in consumption - the political economy of e-commerce

 17h30-18h00 Conclusion, Giorgio Grappi, University of Bologna

Argumentaire

Ces trente dernières années, le secteur logistique s’est affirmé jusqu’à revendiquer une place centrale dans le fonctionnement de l'économie mondiale. Toutefois, ce n'est que depuis une période récente que les sciences sociales ont pris la mesure de ces transformations et ont essayé d’en saisir les caractéristiques et les répercussions du point de vue des systèmes économiques, de l’emploi et du travail. Cette journée d’étude ambitionne de faire dialoguer des travaux de recherche qui abordent à l’échelle internationale la logistique comme objet d’étude, angle d'approche ou concept d'analyse.

Assurant la circulation mondiale des produits finis, semi-finis et des matières premières, la logistique peut être considérée comme une infrastructure de la globalisation. La réorganisation des économies en systèmes transnationaux, liée au transfert d'une partie des installations industrielles dans les pays à bas coûts de production, ainsi que le développement du système de production en juste-à-temps, avec peu de stocks intermédiaires, ont en effet entrainé une forte croissance du secteur.  Mais l’émergence de la logistique en tant que secteur autonome est aussi liée à l’externalisation par les grands groupes industriels et commerciaux de leurs fonctions auparavant jugées annexes ou pas suffisamment stratégiques. Elle peut également être rattachée à l’essor de la grande distribution et plus récemment du commerce en ligne, dont la face cachée est la concentration et la manipulation en entrepôt des produits à destination des supermarchés ou des particuliers. Selon la façon dont on l’observe, la logistique peut donc être présentée à la fois comme un secteur clef ou comme un acteur subalterne, comme une nouveauté ou comme un prolongement. Dans tous les cas, son développement induit des transformations fondamentales dans les systèmes productifs, ce qui explique que la logistique soit désormais mobilisée comme un angle d'approche pour l'analyse du capitalisme contemporain.

Du point de vue managérial, la logistique propose un idéal de connectivité et de fluidité, voire d’une économie dématérialisée régulée par des flux d’informations. Mais observé par le bas, le secteur renvoie une tout autre image que celle d’un écoulement continu nécessitant peu d’interventions. Il se présente sous la forme d’une industrie qui, pour produire la circulation des biens et matières du capitalisme, a recours à une main d’œuvre nombreuse. Très majoritairement ouvrière, cette dernière est concentrée dans des entrepôts, des ports et des aéroports, ou bien disséminée dans les entreprises qui ont recours à cette fonction. Les activités logistiques ne sont donc pas homogènes et diffèrent notamment selon le type de produit manipulé et le type de marché desservi. Elles mobilisent également différents types de salariat selon les contextes sectoriels, régionaux et nationaux. Pour autant, la production du flux rassemble bien certaines caractéristiques qui encouragent à observer la logistique comme un tout : la pression des commanditaires, la variabilité des volumes, le contrôle de la traçabilité ou la pénibilité liée au port de charges. Des tendances lourdes ont également été observées dans les formes d’emploi, en particulier la précarisation croissante des statuts, l'affaiblissement de la représentation syndicale, et des processus de racialisation de la main d'œuvre. Ces proximités en termes de conditions de travail et d’emploi encouragent à poser la question de ce que peut être un prolétariat logistique, de la place qu'il occupe dans la hiérarchie sociale, des subjectivités qu'il exprime, ainsi qu'à interroger les formes de résistance au travail et à l’emploi dégradés.

 

Lieux

  • Salle de Conférence - 61 Rue Pouchet
    Paris, France (75017)

Dates

  • vendredi 31 mars 2017

Contact

David Gaborieau
david.gab[at]wanadoo.fr

journée d'étude
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Date

31/03/2017